Londres; Kennington Road (10:43pm)
Cela faisait bientôt vingt minutes que je tournais en rond dans cette rue quasiment déserte et éclairé par la seule lumière provenant d'un club londonien, nommé le Heaven. Je marmonnais toutes les injures possible en pensant que cela m'aiderait à me calmer et ainsi à pouvoir entrer dans la bâtisse sans en vouloir à ma meilleure amie d'être aussi naïve, mais c'était pour le moment impossible de penser à autre chose que cette journée catastrophique que je venais de passer. Soupirant un bon coup, je me décidais enfin à passer la porte du Heaven, lieu qui m'était devenue familier puisque ma meilleure amie Lilou y travaillait depuis maintenant un an et demi en tant que serveuse. Je sentais bien que quelques regards se posaient sur moi lors de mon passage, certains étaient interrogateurs de me voir pester dans ma barbe, d'autres m'enviaient de ce physique peu commun, je le savais. Mes longs cheveux étaient d'un noir intense et mes yeux étaient très clairs, on n'aurait su définir leurs couleurs. Certains pensent qu'ils sont bleus avec une pointe d'or et même un peu de marron, d'autres vous diront une toute autre chose.
J'allais m'asseoir sur l'un des tabourets du comptoir et déposais ma tête dans mes mains, comme si elle ne pouvait tenir seule. Je sentais le regard de ma meilleure amie sur moi, mais je savais pertinemment qu'elle n'engagerait pas la conversation avant que je ne le fasse.
- Je déteste ce mec ! Criais-je avant de relever la tête.
Malgré la musique assourdissante qui résonnait dans le club, mon cri ne passa pas inaperçu au niveau du bar puisque le patron lui-même arriva à la hâte et l'air fâché. Quelques regards curieux se tournèrent vers nous afin d'en savoir davantage sur la situation et cela eut le don de m'agacer encore un peu plus, les gens ne pouvaient-ils pas se mêler de leurs affaires pour une fois ? A l'arrivée du patron, Lilou se remit au travail, l'air de rien, espérant simplement que son supérieur ne lui fasse pas une nouvelle leçon de moral comme il en avait l'habitude depuis qu'elle avait été embauché.
- Mesdemoiselles, dois-je une nouvelle fois vous rappellez que nous ne sommes pas dans un salon de thé, ni même dans une basse-cour ? Son regard dérive sur Lilou et il lui lance un torchon. Remet toi au travail, les verres ne vont pas s'essuyer tout seul.
Je soupirai et attendit quelques secondes le départ du patron de ma Lilou. Je m'attendais à ce qu'il retourne vaquer à ses occupations dans l'arrière salle du bar, mais il alla servir un client qui venait d'entrer dans son établissement, tout en nous jetant quelques regards de temps à autres. Je lui lançais un sourire purement hypocrite. Si ma meilleure amie n'était pas l'une de ses serveuses, je dirais que le Heaven venait de perdre l'une de ses clientes, mais je doute fortement que cela puisse l'atteindre. J'attrapais une serviette en papier posée non loin de moi et à l'aide d'un stylo qui se trouvait dans le fouillis de mon sac à main, j'écrivis un mot à la blonde qui essuyait des verres de l'autre côté du bar. " Tu traînes pas en rentrant ma Lili, faut qu'on parle. Fuck à ton patron, il est pas drôle ! " Je me levai et déposai cette malheureuse serviette en papier qui me servait de communication, devant ma meilleure amie, tout en lui faisant un furtif clin d'½il. Je marchai ensuite vers la sortie du bar et en passant devant le patron je soupirai –encore- en lâchant une petite phrase : " Vive l'amabilité, ici ! ".
Londres; Kennington Road (midnight)
- Myna ! Je suis rentrée ! Lança mon amie à la cantonade.
Je ne lui répondis pas tout de suite, j'étais affalée sur le canapé du salon à regarder un programme inintéressant. Et le pire, c'est que j'étais concentrée dans cette émission. Au bout de quelques secondes, je lui criais ma présence afin qu'elle me repère facilement dans l'appartement. Je l'entendis déposer son sac à main dans l'entrée, je devinais qu'elle retirait son parka pour le ranger soigneusement sur le porte-manteau. Elle rentra enfin dans le salon avec une mine fatiguée.
- C'était quoi ce début de scandale que tu nous as fais au club, ce soir ?
- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles ! Dis-je, même si je pensais le contraire. Assieds-toi, j'ai une envie de parler et il n'y a que toi pour m'écouter.
- Tu commences à m'inquiéter, tu sais ? dit-elle en fronçant les sourcils. Une petite minute et je suis toute à toi.
Elle partit en direction de la salle de bain et s'empara de sa brosse à dents, puis du dentifrice posé sur le bord du lavabo. Et comme toute personne censée et pourvue d'hygiène, elle commença à se brosser les dents. Pour ne pas me faire patienter, mais surtout ronger par la curiosité, elle revint au salon et prit place à côté de moi sur le canapé, tout en continuant de brosser ses dents.
- Je t'écoute. Dit-elle, la bouche pleine de dentifrice.
- T'es répugnante, mais je t'aime quand même. Bref, j'ai été virée à cause d'un chanteur pour minette, t'y crois ça ?
- T'as été virée ?! s'étonna-t-elle une nouvelle fois la bouche ouverte et pleine de dentifrice. Elle dû se rendre compte du regard désespéré que je lui lançais, car elle ferma la bouche immédiatement. Et c'est qui ce chanteur ? Raconte.
- J'ai pas le droit de tout raconter, soit disant, secret défense. J'attendis environ deux secondes avant de continuer, en colère. FLETCHER ! Il a de la chance d'avoir des gardes du corps et surtout que je sois pacifiste parce que j'te l'aurais bouffé moi ton petit blondinet !
- Qu-ouaa ? Tu-as-vu-Tom-Fletcher ?! Dit-elle en recrachant la moitié du dentifrice qui se trouvait dans sa bouche.
- Malheureusement, oui. Et j'ai été virée, tu te rappelles ?
- Raconte, raconte, raconte, raconte, raconte ! Cria-t-elle en coinçant sa brosse à dent entre ses dents et en tapant dans ses mains.
- Chut, l'hystérique. Vas te rincer la bouche.
La belle blonde se précipita vers la salle de bain et se rinça rapidement la bouche afin de pouvoir regagner sa place le plus vite possible. Après s'être essuyé la bouche avec une serviette de bain, elle courrut presque jusqu'au salon pour sauter sur le canapé et ensuite prendre mes mains dans les siennes.
- Il est comment en vrai ? Elle se tût face à mon regard qui se voulait méchant. Excuse-moi, qu'est-ce qui s'est passé alors ?
●NOW●NOW●NOW●NOW●
Premier chapitre, point de vue de Mynatéïs.
Des impressions, des conseils, nous vous écoutons !
Ne soyez pas préssés, les (beaux) garçons viendront au fil de l'histoire.
C'est toujours deux commentaires expressifs pour être prévenu(e)s